Les hommes et la violence

Il faut faire évoluer les modèles sociaux et mentaux hérités de ce qu’on appelle le patriarcat, pas seulement parce qu’ils sont injustes, mais aussi parce qu’ils sont archaïques. Mon impression est que ces modèles, inculqués par les tenants de l’ordre social « historique » (en général les prêtres et les seigneurs) visaient au premier chef, non pas à asservir la femme à l’homme, mais à asservir chacun d’entre eux à une tâche spécifique : tenir la maison et élever les enfants pour les femmes, faire la guerre pour les hommes (le travail des champs pouvant être partagé entre les hommes et les femmes).

De là s’est développée (depuis Sparte, à ma connaissance), une culture de la violence et du risque chez l’homme, et une culture qu’on appelle depuis Carol Gilligan celle du « care » (soin) pour la femme. Elle pousse l’homme à systématiquement minimiser le danger, l’impact de la violence, de peur d’être considéré comme une « femmelette ». On pourrait l’appeler la culture du « héros ». D’où des comportements accidentogènes au volant (vitesse, alcool) (mais aussi dans les sports à risques) dont se glorifie celui qui les adopte, l’accident n’arrivant qu’à l’incompétent. Il n’est pas étonnant dès lors que les femmes victimes de violences ou d’agressions sexuelles se voient reprocher de l’avoir « cherché » : c’est le principe même de la culture guerrière de considérer que les perdants sont toujours, d’une façon ou d’une autre, responsables de leur situation.

Il est temps de comprendre que cette soi-disant culture du risque aveugle et de la violence n’est plus adaptée à nos époques qui prétendent rechercher la paix. Au contraire elle entretient une tension et une agressivité latente qui se déverse par toutes les ouvertures possibles : hooliganisme, violence routière, haine sur les réseaux sociaux… Cette culture du « care » qu’ont développé les femmes, ce n’est pas déviriliser les hommes que de la généraliser à tous.

J’attends vos commentaires pour préciser ce qui pourrait faire figure de lieu commun ou de naïveté, ou tout autre reproche que je suis tout à fait prêt à entendre sur ma proposition…

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La condamnation de Sandra Muller dans l’affaire #BalanceTonPorc

Si vous voulez comme moi comprendre pourquoi Sandra Muller a été condamnée pour diffamation, allez voir cette excellente (comme toujours) analyse juridique par Maître Eolas  :

https://www.maitre-eolas.fr/post/2019/09/25/La-condamnation-de-Sandra-Muller-dans-l-affaire-BalanceTonPorc

J’ajoute mes propres interrogations dans les commentaires qui suivent ce post.

Hypomnemata et écriture de soi

[Citation d’Ars Industrialis : Michel Foucault, réfléchissant aux hypomnemata, compris comme supports de mémoire, les pensait comme écriture de soi, comme une modalité de constitution de soi. Sans ces hypomnemata, le risque est grand de sombrer dans l’agitation de l’esprit, c’est à dire dans une instabilité de l’attention, qui empêche l’esprit de se constituer en propre. C’est ce que nous retrouvons dans le zapping d’aujourd’hui. « L’écriture des hypomnemata, écrit Foucault, s’oppose à cet éparpillement en fixant des éléments acquis et en constituant en quelque sorte “du passé’’, vers lequel il est toujours possible de faire retour et retraite »]

Je pense en la matière que le premier besoin de l’humain du XXIème siècle est de retourner à l’hypomnemata (qu’il prenne la forme d’un Powerpoint, d’un mémo Notes, d’un message FB pour soi-même ou d’un Post-It) pour prendre le temps de consigner ses propres réflexions par écrit, de se relire, avant de jouer au ping-pong avec autrui (ce point figure dans mon mémoire de recherche). Dans un « Remède à la Mélancolie », Pierre Gagnaire évoque la magie de la gomme pour effacer les scories de son propre esprit quand il élabore une recette. Ca manque à l’oral et même dans un tchat internet. Souvenons-en.

La suite sur Ars Industrialis

Nouvelle charte de l’espace des contributions du « Monde »

[NDR : je reproduis à l’identique cette charte publiée le 21/05/2019 car le sujet de la « netiquette » est un des centres d’intérêts majeurs de Tendance Positive]

Continuer la lecture de « Nouvelle charte de l’espace des contributions du « Monde » »

Quand-mêmisme

(n.m.) Tendance impensée à ajouter « Quand même » à tout bout de champ, laissant supposer implicitement que tout ce qu’on réussit l’est « malgré tout » dans une époque, un contexte, une entreprise, une météo, une société… qui pourtant n’y est pas propice. C’est donc une variante de l’aujourdhuisme, dont la mise en abyme oblige à s’interroger sur le caractère réellement nouveau du quand-mêmisme. Même si une première analyse de la littérature du XIXème siècle semble indiquer une très faible occurrence de l’expression. Work in progress, donc.

Citations :
« La philosophie est donc l’amour de la vie quand même » (Clément Rosset)
« Aimer (quand même) le XXIe siècle » : titre de livre de Jean-Louis Servan-Schreiber (2012)

NB1 : le « quand-mêmisme » n’est pas concerné par l’utilisation originelle et valide de l’expression (c’est-à-dire pour exprimer une opposition sans sous-entendu implicitement pessimiste), par exemple dans « La France va mal, mais je l’aime quand même » (chanson de La Fouine).

NB2 : il existe une autre utilisation, plutôt populaire, du « quand même », dont dérive le quand-mêmisme : c’est l’expression d’un paradoxe. Par exemple dans « Il y a quand même moins d’étrangers que de racistes en France » (Coluche) ou « J’ai l’impression que les hommes politiques, c’est quand même pas des gens comme nous. » (Michel Houellebecq)

Liens vers les albums Facebook (et autres contenus)

Un réseau social ne pouvant se concevoir sans contenu éditorial, je réfléchis à différents moyens de « glaner » des contenus et de les partager de manière simple tout en dépassant le mode « flux » vers lequel Twitter ou FB ont tendance à nous orienter. Voici quelques exemples, encore à l’état de maquettes : ils ne sont pas (encore) structurés ni reliés entre eux, ou reliés aux articles du blog.

Albums Facebook en mode vignette
Albums Facebook en mode texte (+ rapide)
Vidéos DailyMotion

Publication – Mémoire de recherche « Le geste de sauvegarde des objets numériques »

Mémoire de recherche « Le geste de sauvegarde des objets numériques – L’éditorialisation de soi à l’épreuve des réseaux »

Master 2 Recherche – Celsa Sorbonne Université, sous la direction d’Etienne Candel

PDF du mémoire complet (200 pages)

PDF du mémoire sans les annexes (87 pages)

PDF des annexes (94 pages)
Résumé vidéo (playlist YouTube, 20mn, 7 parties)

Résumé

Ce mémoire interroge « le geste de sauvegarde des objets numériques » selon une problématique SIC (sciences de l’information et de la communication). La transdisciplinarité de l’approche SIC permet de confronter l’approche technique de la sauvegarde à une réflexion critique sur les discours et les objets de recherche qui y sont rattachés, dans l’espoir de contribuer à porter un regard neuf sur un sujet d’apparence triviale.

Les principales questions posées sont d’abord celle de l’éditorialisation de soi, et donc des natures de contenu à sauvegarder – au premier chef les collections – avec une confrontation de l’archive personnelle face au patrimoine collectif. Puis celle de la curation personnelle : que garder ? que jeter ? comment trier ? Et comment attribuer une valeur aux objets numériques ? Enfin la question du développement de nouveaux « arts de faire » en réseau pour partager et faire survivre les contenus. L’étude interroge le triangle formé par l’individu, ses objets (ou contenus) numériques, et l’environnement sous sa forme de réseau, et étudie leurs interactions dans le temps et l’espace à travers ce geste de sauvegarde. Elle tente d’ouvrir des pistes pour une vision élargie de la sauvegarde mais aussi pour le développement d’outils innovants en accord avec cette vision.

Dons

Suite au décès de Françoise Pelissolo (voir http://pelissolo.org/deces-de-francoise-pelissolo/)
 
Voici une liste proposée d’associations susceptibles de recevoir vos dons :
 
Pour le soutien aux migrants :
Pour la parité (l’association fondée par Françoise) :