Pour une alternative à Audible ?

Ceux qui me connaissent savent que je suis un gros consommateur de livres audio : entre 2 et 4 livres par mois, sans compter les podcasts (je suis marathonien et je cours 25 heures par mois). J’ai commencé entre 2012 et 2016 avec ce qui existait en CD audio, que je transformais en mp3. J’ai accueilli l’arrivée d’Audible en France en 2016 avec le plaisir de découvrir un catalogue plus riche, que ce soit en français ou surtout en anglais, tout en me pinçant le nez à l’idée de contribuer à ce que je suis bien obligé d’énoncer comme un « empire du mal » : Amazon.

4 ans après, j’ai moi-même produit financièrement une série en podcast diffusée sur Audible. J’ai aussi « lu » en audio les livres de Thomas Piketty, Rutger Bregman ou Mona Chollet. Et cette contradiction entre ce que j’écoute et le support qui le véhicule me pèse de plus en plus.

Je suis preneur de toute initiative visant à contrer ce qui devient une forme de monopole : création d’un nouvel éditeur, contribution à un éditeur existant… Merci de me faire part de ce que vous connaissez sur le sujet si vous-même, d’une manière quelconque, êtes partie prenante sur le sujet.

PS : je ne conteste pas la qualité technique de l’offre Audible. Mais si vous vous amusez à comparer l’offre de « livres » audio en sciences humaines et sociales « crédibles » avec celle en développement personnel et en marketing/communication/coaching, vous aurez un aperçu du problème.

Pics of Joe Strummer running the London Marathon : theclash
Illustration : Joe Strummer, marathon de Londres (1981 ou 1983 ?)

Les hommes et la violence

Il faut faire évoluer les modèles sociaux et mentaux hérités de ce qu’on appelle le patriarcat, pas seulement parce qu’ils sont injustes, mais aussi parce qu’ils sont archaïques. Mon impression est que ces modèles, inculqués par les tenants de l’ordre social « historique » (en général les prêtres et les seigneurs) visaient au premier chef, non pas à asservir la femme à l’homme, mais à asservir chacun d’entre eux à une tâche spécifique : tenir la maison et élever les enfants pour les femmes, faire la guerre pour les hommes (le travail des champs pouvant être partagé entre les hommes et les femmes).

De là s’est développée (depuis Sparte, à ma connaissance), une culture de la violence et du risque chez l’homme, et une culture qu’on appelle depuis Carol Gilligan celle du « care » (soin) pour la femme. Elle pousse l’homme à systématiquement minimiser le danger, l’impact de la violence, de peur d’être considéré comme une « femmelette ». On pourrait l’appeler la culture du « héros ». D’où des comportements accidentogènes au volant (vitesse, alcool) (mais aussi dans les sports à risques) dont se glorifie celui qui les adopte, l’accident n’arrivant qu’à l’incompétent. Il n’est pas étonnant dès lors que les femmes victimes de violences ou d’agressions sexuelles se voient reprocher de l’avoir « cherché » : c’est le principe même de la culture guerrière de considérer que les perdants sont toujours, d’une façon ou d’une autre, responsables de leur situation.

Il est temps de comprendre que cette soi-disant culture du risque aveugle et de la violence n’est plus adaptée à nos époques qui prétendent rechercher la paix. Au contraire elle entretient une tension et une agressivité latente qui se déverse par toutes les ouvertures possibles : hooliganisme, violence routière, haine sur les réseaux sociaux… Cette culture du « care » qu’ont développé les femmes, ce n’est pas déviriliser les hommes que de la généraliser à tous.

J’attends vos commentaires pour préciser ce qui pourrait faire figure de lieu commun ou de naïveté, ou tout autre reproche que je suis tout à fait prêt à entendre sur ma proposition…